2012 : un premier point sur le millésime

Les vendanges 2012 confortent le sentiment que nous avions fin août : une petite récolte (en recul 15% par rapport à 2011 et de 30% par rapport à 2010) avec une bonne concentration (qui est à rapprocher du faible rendement) présentant un bel équilibre (qui est à rapprocher des températures fraîches de l’été). Au niveau des résultats de nos vinifications, les blancs et rosés sont splendides avec beaucoup d’expression dans un style plein de fraîcheur. Le travail des vins rouges a été assez atypique avec des cuvaisons plus courtes que ce dont nous avions l’habitude : les matières se sont extraites rapidement et en abondance. Une fois cette extraction correctement maîtrisée, les vins rouges révèlent des tanins soyeux qui confèrent une grande élégance à la dégustation.

Retour sur les saisons de la campagne 2012…

Les averses régulières tout au long du printemps ont permis de compenser la très faible pluviométrie de l’hiver. La vigne a ainsi trouvé des conditions favorables pour son développement. Début juin, la floraison s’est déroulée à une date normale et de façon rapide : c’est un facteur important pour la qualité de la récolte à venir dont la maturité sera bien homogène. Les périodes humides ont alterné avec des périodes sèches dominées par le vent de Cers  qui ne s’est jamais installé durant trop longtemps ce qui nous a permis de réaliser des poudrages efficaces : l’état sanitaire a été très bon tout au long de la saison culturale.

A la fin du mois de juin au stade de la nouaison, les futurs grains de raisins sont déjà visibles et nous remarquons alors que le nombre de grappes par ceps est peu important. Cette faible « sortie » s’explique certainement par le froid extrême pour la région survenu brutalement mi-février après un début d’hiver particulièrement doux. Des températures négatives pendant dix jours consécutifs sont certainement responsables du gel des bourgeons les plus précoces.
A la fin du mois de juillet, c’est le stade de la véraison : la maturité progresse, les pellicules gagnent en élasticité, et les baies changent de couleur. Les impressions constatées à la nouaison sont confirmées : les ceps de vignes peu chargés annoncent des jus à venir d’une belle concentration ce qui est la garantie d’une pleine expression de notre terroir.
Château Beauregard Mirouze est localisé sur le Massif de Fontfroide au cœur des Corbières dans le Sud de la France. Le sol est composé de grès, c’est un « sol froid » (Fontfroide = « les sources froides ») car la roche n’a pas la capacité de stocker la chaleur du jour. Les nuits sont donc fraîches dans nos vignes et c’est une caractéristique essentielle que nous recherchons à exprimer dans nos vins.
A l’exception de la dernière quinzaine d’août, les températures de l’été ont été en deçà des normales saisonnières. Les journées ont été bien ensoleillées, l’air bien sec grâce au vent de Cers  qui a soufflé régulièrement et qui est responsable des nuits fraîches sur notre coteau exposé plein Nord. Une amplitude thermique jour/nuit bien marquée a toujours signé de grands millésimes au Château Beauregard Mirouze.
En conclusion 2012 est un millésime extraordinaire pour le vinificateur : il a fallu travailler plus que jamais au plus près de la matière, prendre de nombreux risques sur la date de récolte (vendanger ni trop tôt, ni surtout trop tard cette année), sur les assemblages des différents cépages (que nous avons l’habitude de gérer en vinification) sur la fréquence et l’intensité du travail des vins rouges ainsi que sur la durée de cuvaison. Une fois de plus rien n’était écrit d’avance, il a fallu faire des choix, nous assumons les nôtres et le résultat est très impressionnant. Nous n’attendons maintenant plus qu’une chose : le partager avec vous.
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