L’Homme et l’humus – I

Au Château Beauregard Mirouze dans les Corbières, nos interventions culturales ont pour objectif le développement de la vie dans nos parcelles : des sols vivants pour élaborer des vins vivants.

Nous allons présenter en trois volets les choix que nous avons réalisés pour réactiver la vie dans nos sols.

  • Première partie – Le compostage de nos vignes.

    La fertilisation organique de nos vignes est exclusivement réalisée à partir de compost : depuis 2001 nous n’employons plus d’engrais chimiques et 2009 marque l’arrêt de l’utilisation systématique des engrais organiques.

  • Deuxième partie (à paraître) – L’élaboration de notre propre compost. Notre compost est directement élaboré au domaine à partir de marc de raisin (origine 100% viticole). C’est une démarche qui nous permet de garantir la traçabilité de la matière première utilisée, de maitriser le coût de fabrication et de limiter l’empreinte écologique du process de fabrication.
  • Troisième partie (à paraître) – Notre travail du sol vivant. Le compost ne fait pas tout : pour préserver la partie vivante du sol, l’humus doit être travaillé avec délicatesse. Dans le souci de préserver les organismes vivants du sol, nous conservons le plus longtemps possible de l’herbe dans nos vignes.

Première partie – Le compostage de nos vignes

Les engrais : non !

En agriculture les engrais sont des formules concentrées utilisées pour nourrir les plantes. La dose d’engrais est calculée en fonction des besoins estimés de la culture. Mais une partie importante des éléments apportés ne sera jamais consommée par les végétaux. Les eaux de ruissellement entraînent les excédents d’engrais et génèrent une pollution de surface tandis que les eaux d’infiltration les entraînent en profondeur générant la pollution des nappes phréatiques.

C’est la fraction non assimilée des engrais employés en agriculture qui est responsable de la pollution des eaux.
Les apports d’engrais nourrissent la plante, mais ils ne remplacent pas les prélèvements réalisés par l’agriculteur au moment de la récolte. Si la matière organique prélevée (la récolte) n’est pas compensée (par des apports) alors, la conséquence directe est l’appauvrissement du sol en matière organique. Le processus naturel d’humification est bloqué entraînant la disparition de l’humus qui est le support de la vie dans les sols.
L’utilisation des engrais en agriculture détruit la biodiversité ce qui a pour conséquence immédiate la dégradation des sols.

Le compost : oui !

Le compostage est un apport de matière organique dont l’objectif est de relancer puis d’entretenir le processus d’humification réalisé par les bactéries du sol. Une fois en place et sous réserve d’apports réguliers de matière organique, le cycle ne s’arrête plus. Le sol redevient vivant : il est rapidement colonisé par des champignons et des animaux. La matière organique est dégradée en humus et en nutriments minéraux qui seront consommés par les végétaux.

Le compost déposé dans les vignes en se liant au sol devient humus, c’est le support de la vie dans les sols. le mot latin humus, comme d’ailleurs le mot homo « homme », provient d’une racine indo-européenne qui signifiait terre

En réalisant des apports de compost le cultivateur place son travail au cœur d’un système particulièrement vertueux : Les champignons et en particulier leur mycélium ainsi que les déjections des vers de terre, forment en liant le minéral et le vivant, des structures aérées, qui retiennent l’eau et les nutriments minéraux.

le sol vivant est moins soumis à la dégradation physique, il retient mieux l’eau et les nutriments. L’homme qui entretient ce système vivant peut envisager de façon durable la culture de sa terre.

Le compostage en 2014 à Beauregard

Le chantier de compostage est réalisé chaque année entre le mois de décembre et le mois d’avril. La meilleure période pour intervenir dépend plus des conditions météorologiques que du calendrier : Le sol doit être sec pour limiter sa compaction.

En 2013 l’hiver a été pluvieux sans véritable période sèche et nous n’avons pas pu composter les vignes : quand le temps ne s’y prête pas il vaut mieux s’abstenir plutôt que de faire du mauvais travail.

En 2014, il a fallu rattraper le travail qui n’avait pas été réalisé en 2013. Le début d’hiver humide a décalé notre intervention, et c’est finalement avec les premiers jours du printemps que nous avons pu réaliser le compostage de nos vignes.

 

 

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6 réponses pour “L’Homme et l’humus – I”

  1. Catherine Mirouze de Préneuf 5 avril 2014 at 9 h 28 min #

    Rien de plus sain que le vin de Nicolas, Karine et Chantal

  2. Charlotte R-v 5 avril 2014 at 9 h 54 min #

    félicitation c’est top !!

  3. Laure Guiot Mirouze 5 avril 2014 at 12 h 24 min #

    Eh bien voilà, maintenant je comprends mieux 🙂

  4. Sophie Altman-Mirouze 6 avril 2014 at 22 h 07 min #

    C’est pour ca qu’on en boit tous les jours !!!!

  5. Pouile 7 avril 2014 at 9 h 21 min #

    Merci, Professeur, ca me rappelle mes cours de sciences nat au collège. Le domaine va devenir une référence de l’Agriculture Bio!

  6. Nicolas Mirouze 7 avril 2014 at 11 h 16 min #

    @Sophie Surtout n’arrête pas ! Fais toi plaisir !

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